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Vous vous demandez comment réduire significativement la fréquence des accidents du  travail ? C’est simple : en agissant sur le comportement des travailleurs ! « Oui, facile à  dire » me direz-vous, mais « comment s’y prendre » ?

Pour quelles raisons modifier le comportement sécurité ?

Le retour d’expérience des accidents du travail montrent qu’une grande majorité d’entre eux pourraient être évités par une organisation et des comportements adaptés. Faites l’exercice de reprendre les enquêtes des accidents survenus dans vos organisations respectives et posez-vous ces questions : si la victime avait eu un comportement différent, si elle avait su mieux évaluer le risque, si elle avait une meilleure connaissance des moyens de prévention, … l’accident aurait-il pu être évité ? J’ai personnellement fait cet exercice. Les résultats sont édifiants. OUI, plus de 50% des accidents voire davantage auraient pu être évités !

Entre les risques réels et les risques que nous percevons, il y a un écart. Notre perception est biaisée par de multiples facteurs. Prenons un exemple : imaginez-vous au volant de votre voiture sur l’autoroute. Vous rentrez d’une mission professionnelle. Il est 19 heures, vous êtes fatigué de votre journée et pressé de retrouver votre foyer qui n’est plus qu’à 1/4 d’heure de route. La circulation est dense. Vous vous mettez sur la voie de gauche pour doubler un camion et vous collez un peu trop près au véhicule devant vous qui double également. Vous SAVEZ que vous ne respectez pas les distances de sécurité, mais bah ! Il va se rabattre dans quelques secondes sur la voie de droite. Le pneu du camion que vous vous apprêter à dépasser éclate : le véhicule qui vous précède freine brutalement et en une fraction de seconde vous le percutez à 130 km/h et c’est le drame. En ayant conscience du danger (la vitesse), des moyens de prévention (la distance de sécurité laissant au cerveau les deux secondes nécessaires à réagir) et des conséquences d’un accident (blessure grave voire mortelle), vous auriez certainement adopté un comportement différent. Peut-être auriez vous laissé une distance de sécurité suffisante voire seriez-vous resté loin derrière le camion car, finalement, le doubler avec une telle densité de circulation pour quitter l’autoroute 10 minutes plus tard ne vous aurait finalement fait gagner que quelques secondes ?

Le risque perçu est donc biaisée par :

  • L’illusion du contrôle (je maîtrise la situation, je sais ce que je fais)
  • L’illusion de l’invulnérabilité (je suis un bon conducteur)
  • La méconnaissance des dangers (l’énergie cinétique d’un véhicule de tourisme à 130 km/h)
  • Une évaluation erronée des risques (je ne pense pas aux situations dangereuses possibles)
  • La pression des objectifs à atteindre, des contraintes de temps, …
  • Un excès d’optimisme (il ne m’arrivera rien)
  • L’influence des habitudes (ça fait des années que je fais comme ça)
  • L’influence du groupe (les autres font pareil, voir pire !)
  • La peur de perdre la face (les autres vont se moquer de moi, je vais me faire klaxonner)
  • Le mauvais exemple du chef (il roule encore plus vite et il colle tout le temps)

Bien entendu, nous ne nous comportons pas dans le but d’avoir un accident, pourtant nous commettons des actes dangereux pour trois raisons principales.

Concrètement, quelles sont ces trois raisons et que faire pour modifier le comportement ?

Raison n°1 : « Je ne peux pas faire bien comme il faut ».

En effet, lorsqu’on ne dispose pas des ressources pour travailler en sécurité, on fait comme on peut ou comme on pense être bien. Il arrive que cette pratique s’érige en principe.

Sur quoi agir pour POUVOIR travailler en sécurité ?

  • En définissant des bonnes pratiques, par exemple sous forme de procédures (plus d’images que de texte), de photos ou de vidéos
  • En préparant davantage le travail (c’est de l’organisation).
  • En mettant à la disposition des travailleurs des outils adaptés, en bon état et conformes à la réglementation.
  • En allouant le temps nécessaire à la réalisation en sécurité de la tâche (shunter une vérification de sécurité nous ferait gagner en productivité, mais un accident nous en ferait perdre bien plus et engagerait en sus notre responsabilité).

Raison n°2 : « Je ne sais pas comment bien faire »

La méconnaissance des bonnes pratiques vient d’une formation insuffisante, d’une incompréhension des consignes ou de la nouveauté à poste de travail.

Sur quoi agir pour SAVOIR travailler en sécurité ?

  • En formant le personnel à son poste de travail, idéalement sur la base de bonnes pratiques documentées (procédure, images, videos, …) mettant en évidence les dangers, les risques et les moyens de les éviter. Les formateurs, ou tuteurs, sont idéalament des personnes expérimentées et pédagogues.
  • En communiquant suffisamment, par exemple au travers de causeries sur des thèmes relatifs au poste de travail. Les causeries sont par ailleurs un excellent moyen de remonter des informations pour alimenter le processus d’amélioration continue.

Raison n°3 : « Je ne veux pas faire bien »

Ce sont là les causes les plus pernicieuses souvent lié à l’environnement de travail, aux mauvais exemples des collègues ou pire de l’encadrement, au laxisme, à la tolérance de la non-conformité ou à l’absence de valorisation des bonnes pratiques. Le travail sur la volonté passe par le développement puis l’ancrage de la culture sécurité de l’organisme. Cette mission incombe à la direction de l’entreprise.

Pour VOULOIR travailler en sécurité, il convient :

  • D’encourager à respecter les meilleures pratiques de sécurité. Pour cela, il faut montrer l’exemple et être exigeant. C’est le rôle du management.
  • De corriger les mauvaises pratiques et au besoin, de les sanctionner.
  • De traiter dans les meilleurs délais les situations dangereuses identifiées.
  • De développer la culture sécurité dans l’entreprise et faisant d’elle une valeur forte. Cela passe par le développement du savoir (par exemple : être capable d’évaluer les risques professionnels, connaître la réglementation, connaître les dangers), du savoir-faire (participer à des recherches de solution, mener des audits sécurité, être impliqué dans des causeries) et du savoir-être (les fameuses compétences comportementales). Il conviendrait par ailleurs que les attendus en termes de savoir-être soient déterminés et communiqués aux travailleurs (par exemple, au sein des définitions de fonctions).

Conclusion

Le travail sur le comportement sécurité est une action de fond et s’inscrit dans la durée. Elle modifie en profondeur la culture de votre organisme. Elle réduit significativement la fréquence des incidents et améliore la prévention de risques. Un conseil : basez votre approche sur les « bons vieux » principes de management suivants : le LEADERSHIP, car il appartient aux dirigeants de créer et de maintenir un environnement interne propice aux mutations de la culture d’entreprise ; l’IMPLICATION DU PERSONNEL, car seule une totale implication de leur part permet d’atteindre les objectifs et enfin l’AMELIORATION CONTINUE, pour qu’aujourd’hui soit meilleur qu’hier. Enfin, pensez que travailler sur le comportement entraine des changements, et que le personnel doit être accompagné sur ces changements pour garantir le succès du projet et l’instillation progressive des valeurs.

Au fait, et si l’on remplaçait « sécurité » par « qualité » ? Finalement, Qualité, Sécurité ou Environnement : même combat !

A l’écoute de vos commentaires…

Stéphane HARIG

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